Depuis juillet 2021, la doctrine « cloud au centre » impose l’hébergement cloud pour les administrations, encourage le mode produit et vise à transformer l’État tout en respectant la souveraineté numérique. Trois axes structurent cette transformation :
- Adoption du modèle cloud et choix d’architectures de référence.
- Alignement des politiques d’infrastructure sur la doctrine (cloud interministériel ou offres commerciales).
- Recours à des hébergements de confiance (SecNumCloud) pour les données sensibles.
Progrès et chiffres clés
Quatre ans après la circulaire, l’adoption du cloud progresse :
* Consommation soutenue, forte préférence pour les offres françaises.
* Un nouveau projet cloud par jour ouvré, impliquant des milliers d’agents publics.
* Vigilance accrue sur l’hébergement des données sensibles.
* SecNumCloud s’impose comme le standard de confiance.
En 2024 :
* 51,6 M€ de commandes publiques sur le marché cloud UGAP (+50%).
* 73% du marché capté par des acteurs européens.
* 311 entités et 912 projets différents.
Obstacles et limites
Des freins subsistent :
* Les offres interministérielles sont peu utilisées par d’autres ministères.
* Accès difficile aux ressources interministérielles pour certains établissements publics.
* Les établissements de santé et d’enseignement supérieur/recherche restent en marge, privilégiant leur autonomie.
Enjeux stratégiques
La doctrine s’inscrit dans la stratégie nationale du cloud, articulée autour de trois piliers :
* Transformation des administrations (cloud-native, modernisation, innovation, optimisation environnementale).
* Protection des données (SecNumCloud, cloud de confiance).
* Essor industriel (soutien aux fournisseurs européens pour atteindre une taille critique face aux hyperscalers américains).
Principes de la doctrine
La doctrine repose sur 15 règles, dont :
* Priorité au cloud et au SaaS.
* Adaptation des politiques RH.
* Gouvernance technique et anticipation de la réversibilité.
* Sécurité et résilience.
* Cloud par défaut pour tous les nouveaux projets.
* Recours obligatoire au cloud de confiance pour les données sensibles.
* Mutualisation des services et mise en concurrence.
Mesure et suivi
La mesure de l’adoption du cloud reste complexe, notamment pour évaluer l’agilité et le mode produit. Le suivi des dépenses cloud est centralisé via le marché UGAP, mais d’autres vecteurs d’achat existent, rendant la vision partielle.
Tendances ministérielles
Chaque ministère développe sa propre stratégie cloud, avec une convergence progressive vers le « cloud par défaut » pour les nouveaux projets. Les caisses de sécurité sociale mutualisent leurs ressources, tandis que les universités et opérateurs publics restent plus autonomes.
Points forts
- Croissance continue de l’empreinte cloud.
- Standardisation autour de Kubernetes et de la conteneurisation.
- SecNumCloud reconnu comme gage de confiance.
- Majorité des commandes publiques bénéficient aux acteurs français.
- Communauté cloud dynamique au sein de l’État.
Perspectives d’amélioration
- Mieux mesurer l’adoption du cloud par rapport à la dépense informatique totale.
- Préciser la trajectoire économique et anticiper les besoins d’hébergement.
- Étendre le déploiement des offres Pi et Nubo.
- Encourager les opérateurs à intégrer le cloud dans leur plan global.
- Soutenir l’écosystème industriel à l’échelle européenne.
- Engager les grands projets de l’État vers les standards du cloud.
Le Bilan (pdf)
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