La Stratégie nationale de cybersécurité 2026–2030 a été publiée le 29 janvier 2026 par le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN).
📄 Document officiel (PDF)
Cette stratégie ne constitue pas seulement un cadre institutionnel : elle annonce des évolutions concrètes en matière d’exigences, de responsabilités et de maturité attendue.
Pourquoi cette stratégie est structurante pour les organisations
La transformation numérique a fait de la cybersécurité un facteur critique de continuité d’activité, de confiance et de souveraineté. Les attaques par ransomware, l’espionnage économique, les campagnes de déstabilisation ou encore les atteintes aux chaînes d’approvisionnement concernent désormais toutes les tailles d’organisations.
La stratégie 2026–2030 acte un changement majeur :
👉 la cybersécurité devient un sujet de pilotage stratégique, et non plus uniquement un sujet technique ou IT.
Les 5 axes clés de la stratégie
1. Faire de la France un leader européen des talents cyber
La pénurie de compétences est reconnue comme un risque systémique. L’État ambitionne de renforcer l’ensemble de la chaîne :
- formation initiale et continue,
- reconversion professionnelle,
- attractivité des métiers cyber.
La gestion des compétences et la montée en maturité des équipes deviennent un enjeu de résilience à part entière, au même titre que les outils ou les processus.
2. Renforcer la résilience cyber nationale
La stratégie insiste sur la préparation à la crise, la continuité d’activité et la capacité de rebond après incident.
Cela implique :
- une meilleure anticipation des scénarios cyber,
- des exercices réguliers,
- une intégration accrue de la cybersécurité dans les plans de gestion de crise.
La cybersécurité ne se limite plus à la prévention. La capacité à absorber l’impact et à reprendre rapidement l’activité devient un indicateur clé de gouvernance.
3. Lutter plus efficacement contre les cybermenaces
La France entend mobiliser l’ensemble des leviers disponibles :
- techniques,
- judiciaires,
- diplomatiques,
- économiques.
La coopération public–privé et le partage de renseignement sur la menace sont explicitement mis en avant.
L'accès à une Cyber Threat Intelligence exploitable, contextualisée et partagée devient un pilier de la posture de sécurité.
4. Préserver la maîtrise des fondations numériques
La stratégie met l’accent sur la souveraineté technologique :
- solutions de sécurité de confiance,
- cloud sécurisé,
- cryptographie,
- évaluation indépendante des produits.
Les choix technologiques ne sont plus neutres. Ils engagent la résilience, la conformité réglementaire (NIS2, DORA) et la dépendance stratégique à long terme.
5. Contribuer à la stabilité du cyberespace international
La France réaffirme son rôle au niveau européen et international pour :
- promouvoir un cyberespace stable et ouvert,
- renforcer les normes et cadres juridiques,
- coordonner les réponses face aux menaces transnationales.
Cela renforce l’alignement entre stratégies nationales, européennes et sectorielles.
Que retenir
Cette stratégie envoie un signal fort :
👉 la cybersécurité est désormais un sujet de gouvernance exécutive.
Elle appelle à :
- une implication directe des instances dirigeantes,
- une vision transverse intégrant IT, risques, juridique et métier,
- des indicateurs clairs de maturité et de résilience.
Cette Stratégie nationale de cybersécurité 2026–2030 est particulièrement pertinente dans sa lecture des enjeux actuels. Elle reconnaît que la cybersécurité n’est pas qu’une affaire d’outils, mais un équilibre entre gouvernance, anticipation, compétences et capacité de réaction.
Pour autant, le défi principal reste l’opérationnalisation. Les ambitions sont élevées, mais leur succès dépendra de la capacité à accompagner concrètement les organisations, en particulier les PME, les collectivités et les structures critiques disposant de ressources limitées. Sans déclinaison pragmatique, le risque est de creuser l’écart entre exigences réglementaires et capacités réelles.
Pour les RSSI, cette stratégie confirme une évolution de leur rôle :
➡️ de responsables techniques à acteurs clés de la stratégie d’entreprise,
➡️ garants de la résilience opérationnelle,
➡️ et interlocuteurs directs des instances dirigeantes.
Enfin, dans un contexte d’attaques industrialisées et d’écosystèmes criminels structurés, la réussite de cette stratégie reposera largement sur la qualité du renseignement cyber, le partage d’informations et la capacité collective à anticiper plutôt qu’à subir.
En synthèse : un cadre stratégique solide, cohérent et nécessaire. La valeur réelle se jouera désormais dans sa traduction concrète sur le terrain, là où la menace, elle, est déjà bien réelle.
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